La découverte :
L’invention :
L’innovation :
Fondée sur la recherche, l’efficacité, l’amélioration des procédés de fabrication pour être DANS le marché au bon moment.
Le nouveau produit émerge à l’issue d’un processus long et complexe, il trouvera son marché à un moment donné de l’évolution de la société.
L’entrepreneur :
terme inventé par le philosophe et économiste français Jean-Baptiste Say, frère du sucrier (1767/1832). L’entrepreneur est à la fois celui qui porte le risque + fait des affaires + ose s’aventurer + organise.Nicéphore Niepce fixe l’image sur un support. Il invente la photographie : technique, art, loisir ? quand on passe ces idées en fabrication, c’est le rôle de l’entrepreneur.
Paroles de Marc Giget :
L’entrepreneur est celui qui porte le risque, qui impose la priorité de l’offre sur la demande. C’est l’acteur-clé de l’économie, de l’innovation.
L’innovation doit être faite au sein des entreprises, sinon les inventions ne sortent jamais sur le marché, ou elles sortent trop tard.
En 1900, la belle Epoque : la France est leader dans TOUS les secteurs industriels. Un ou deux ans après le lancement de leur société fondée sur une idée et un produit innovants, nos entrepreneurs maîtrisent un marché. La France impose son concept d’entrepreneur.
Il en va ainsi pour les frères Lumière, Michelin, Air Liquide, Lafarge, L’Oréal, Fichet, Potez, Marinoni, Gervais, Godin, …
En vingt ans, De Dion Bouton domine plusieurs marchés mondiaux : voiture, bus, camion, il lance le salon de l’automobile et celui de l’aéronautique au Bourget.
1918 : la reconstruction du pays ruiné par la guerre est menée par les chefs d’entreprise, regroupés comme dans l’Aisne en coopérative, ils ont la main. En 18 mois, deux ans maximum, les usines reconstruites produisent.
1945 : la reconstruction est confiée aux organismes centralisés de l’Etat. L’économie peine à se relancer, les trente glorieuses ne durent que 25 ans, on n’a pas encore retrouvé le tonus de la Belle Epoque.
Aujourd’hui, on ne sait plus innover dans ce pays.
Bien des Français ont une idée négative de l’entrepreneur, des progrès techniques. Ils confondent chimie et risques, ils oublient la chimie source de santé.
Les Français inventent en génie génétique, techniques de communication, biotechnologie, aéronautique, mais il n’y a aucune entreprise française dans le top 100 des leaders les plus innovants dans le monde(en tête : Intel, Nokia).
Sauf les leaders datant de 1900 comme Michelin.
Sauf Decathlon-Oxylane, avec ses 25 marques spécialisées et son design nickel, célébrée comme l’entreprise la plus innovante de l’année.
Les Français inventent plus qu’ils n’innovent : ce pays bat le record des aides publiques en recherche-développement, cela rallonge les délais, entre laboratoire, centre de transfert, comité de pilotage puis fabricant, la France régresse.
Le chercheur mettra 10 ans à sortir un produit (ou 20). L’entrepreneur deux ans car il est pressé, il est à l’écoute de la société environnante, il connait ses marges et ses réserves de valeur ajoutée.
Seule l’entreprise innove sans se déconnecter des marchés.
" La crise actuelle ? On paie vingt ans sans esprit d’entreprise …
" Il s’agit de savoir tirer parti au bon moment de toutes les connaissances accumulées dans des domaines multiples, c’est une mentalité, une posture, une culture d’entreprise, " dit Jéröme Bataille, dirigeant de Poclain Hydraulics, leader mondial du moteur hydraulique ; président du réseau Entreprendre (Verberie, Oise).
E
L’innovation peut être la mise au point avant fabrication massive d’une invention trouvée ailleurs (ex : la pointe Bic inventée en réalité par un Hongrois)
ou une bonne idée
ou un nouveau secteur
ou un simple glissement d’une application sur une autre matière ou un autre secteur d’activité
ou une adaptation
ou la résurgence d’une vieille production (une re-découverte)
ou une quête de niches,
bref, une histoire à rebondissement…
L’entreprise, même quand elle atteint une taille mondiale, doit rester attentive au local, autre source d’informations et de solidité dans un monde en mutation de plus en plus rapide.
L’innovation technique implique t’elle l’innovation sociale ? Elles vont de pair. Le management innovant permet d’aller plus vite que ses concurrents. Les salariés associés à la décision sont plus créatifs, plus efficaces que les dressés, voire les humiliés. L’initiative est un entraînement, les cadres habitués à l’initiative se retrouvent élus locaux, présidents d’associations … La question du partage des retombées entre investissement, recherche, salariés et actionnaires reste ouverte.
tre à l’affût, améliorer sans cesse son produit, avancer ses pions comme on monte un puzzle, faire feu de tout bois, en fait la méthode d’organisation est une fausse question, selon Marc Giget … L’idée importante ? S’organiser pour être réactif, pour réveiller les salariés dans l’entreprise, savoir bouger en restant soi-même, sans bouleverser la maison. Bref, créer toutes les possibilités d’industrialiser les productions pour étendre ses marchés, y compris en répondant aux marchés de niche et en étant attentif à la réalité locale : l’entreprise est une histoire de foi dans une technique et de confiance raisonnable dans ses possibilités.
. Savoir que le client est par nature infidèle
. Cultiver sa différence, et même nager à contre-courant
. Décider avec le "GPS " : le gros bon sens
. Renouveler son marché en permanence
. Simplifier pour être cohérent et efficace
. Garder toute la mémoire de l’entreprise
. Investir en recherche et baisser les coûts de production
. Savoir arrêter de chercher pour produire et vendre
. Regrouper des familles de PME solidaires
. Constituer un groupe de salariés de tous services, hors hiérarchie et … l’écouter.
Isaac Newton qui voit tomber une pomme de l’arbre, élabore la théorie de la gravitation universelle. Hasard, réflexion, intuition géniale ?
" La république des inventeurs, propriété et organisation de l’innovation en France, 1791-1922 ", Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008- de Gabriel Galvez-Behar
L’innovation tient lieu d’impératif catégorique dans ce pays qui a été un des premiers à légiférer sur les brevets d’invention.
L’enquête historique analyse comment innovation technique et propriété intellectuelle vont de pair, examine comment les institutions, revues techniques, sociétés et expositions industrielles sont partie prenante du progrès. L’étude montre comment émerge la recherche dans l’entreprise vers 1900 alors que le brevet et la recherche restent une valeur individuelle, appartenant à l’esprit démocratique de la république.
Avril 2009
Docteur en économie internationale et diplômé de l’Ecole des Hautes études en sciences sociales à Paris, Marc Giget est titulaire de la chaire de gestion de l’innovation au Centre national des Arts & Métiers (CNAM), à Paris.
Spécialiste de l’analyse et de l’évaluation des techniques nouvelles, il a créé Euroconsult, un groupe de recherches et de conseil aux entreprises sur le processus d’innovation de projets de haute technologie. Ses clients sont dispersés dans le monde entier.
En 1999...
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