Plus d’un an après le Grenelle de l’environnement, quelles nouvelles opportunités s’offrent aux entrepreneurs ? Plus réactives et dotées d’une capacité d’innovation réelle, les petites entreprises ont une formidable carte à jouer. Comment défricher les nouveaux business, se différencier et gagner sa place sous la couche d’ozone sans pour autant succomber aux effets de mode et aux charlatans du green business ?
Toute la question est de savoir s’il s’agit d’une mode qui passera, s’il s’agit, pour les entreprises qui affichent des politiques de développement durable, d’une pure opération de construction d’image, d’une opération de marketing, sans rien derrière. Ou si c’est au contraire le signe d’un mouvement qui transforme en profondeur l’environnement des entreprises et par conséquent, force les stratégies à évoluer, mouvement qui finira par toucher toutes les entreprises, y compris les PME de notre région. Quoi qu’il en soit, le marché de l’environnement représente 300 000 entreprises dont 18 000 PME et plus d’un million d’actifs en France. Le processus dit du Grenelle de l’environnement engagé au cours de l’année 2007 a permis au niveau français de préciser les orientations et les objectifs des politiques publiques en matière d’environnement.
Celui-ci est perçu comme un temps fort par le monde du bâtiment, comme un changement de rythme, une rupture profonde. Deux marchés se distinguent d’emblée : le neuf et l’ancien avec des objectifs révolutionnaires. En effet, d’ici douze ans, un bâtiment neuf aura un bilan net équilibré. Dans le secteur de l’existant, l’objectif du Grenelle à l’horizon 2020 est de réduire la consommation d’énergie de 38%. Ce qui est énorme. Une des mesures mise en œuvre dans ce sens est le prêt à taux zéro inscrit dans le projet de loi de Finance de 2009. Un prêt attribué sans condition de ressources pour générer des économies d’énergie importantes. Une autre notion est importante, celle du ‘bouquet de travaux’. Il s’agit là de prendre le problème de façon globale en intégrant toutes les données : isolation, énergie, équipement, gestion… « La démarche de développement durable se met en place de façon accélérée. D’ici 15 ans, l’on construira des bâtiments qui produiront de l’énergie. Aujourd’hui, le bâtiment consomme 42% de notre énergie globale. Il est responsable du quart de nos émissions à effets de serre, » rappelle Pascale Mira, architecte indépendante. Egalement charpentière, Pascale Mira construit des maisons à ossature bois.
Comment assurer aux générations futures un développement durable, c'est-à-dire économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable? Les réponses émanent pour la plupart de grandes entreprises internationales qui tiennent de plus en plus compte de cette préoccupation mondiale. Elles prennent ainsi acte d'une évolution qui s’accentue sous l'influence des nouvelles générations. Les PME prennent des initiatives, structurent et formalisent leurs actions. Ce choix, dans un contexte économique difficile, peut ne pas paraître évident pour un chef d'entreprise de terrain. Mais le développement durable est en réalité au cœur même du métier d'entrepreneur. Il privilégie la pérennité de l’entreprise face aux exigences du court terme. Ainsi, de plus en plus de TPE ou d’entreprises patrimoniales anciennes se modifient pour devenir de plus en plus pointues dans le domaine du développement durable avec une certaine fierté dans la démarche. Car, il y aussi la recherche légitime d’une qualité d’image pour les entreprises qui s’inscrivent dans ce créneau. Aujourd’hui, plus d’un créateur sur deux tient compte du développement durable dans son projet. 55% veilleront à produire des biens ou des services respectueux de l’environnement. Nous sommes en effet entrés dans une nouvelle ère. 65% des porteurs de projet créant ou reprenant une entreprise dans le secteur du BTP déclarent tenir compte du développement durable. Le bâtiment est bel et bien la figure de proue de cette nouvelle ère environnementale. « N’allons-nous pas tomber dans un effet de mode, courir vers un nouvel eldorado. Il ne faudrait pas tendre vers le blanchiment écologique, le green washing, c’est-à-dire faire de l’environnement un argument marketing. Par exemple, des entreprises comme Total ou Porsche qui ont une forte notoriété mais une mauvaise image le font. Il ne faut pas non plus voir le développement durable uniquement comme le développement d’aspects technologiques. Pour moi, c’est avant tout mener un projet ensemble dans un souci de bien commun, » affirme Gontran Lejeune, Président du CJD
De nombreuses PME et TPE investissent donc les marchés des éco-activités. Divers domaines offrent des perspectives spécifiques de développement à ce type d’entreprises d’ici 2012 dont la récupération des matériaux recyclables, l’assainissement non collectif (ANC), les systèmes solaires thermiques, les pompes à chaleur (PAC) domestiques, les appareils de chauffage domestique au bois ou encore l’amélioration des performances thermiques des ouvertures dans l’habitat. Il est devenu commun de dire que les éco-activités constituent une des principales opportunités de croissance économique des prochaines décennies. Dès lors que ces exigences sont mondialisées, la protection de l’environnement représente un immense marché, dont la taille est estimée à 550 milliards de dollars en 2004 et dont la croissance est estimée à 30% d’ici 2010.
Pascale Mira a 47 ans. Elle est architecte DPLG, spécialiste de la maison individuelle traditionnelle ou en bois. Elle intervient dans trois départements : les Yvelines, l'Essonne et les Hauts-de-Seine. A son compte depuis 18 ans, Pascale Mira possède un CAP Charpente.
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