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L'activité des seniors

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Emploi des seniors : des bouleversements en perspective !

Le pré-retraité, catégorie de population créée par les plans sociaux des années 80, va devenir une espèce en voie de disparition. Longtemps considéré comme une variable d’ajustement, l’emploi des seniors est désormais un enjeu majeur pour l’économie.

La survie du système de retraite par répartition, dans lequel les actifs financent les pensions des retraités, implique que les salariés cotisent plus longtemps. Mais ce combat pour la survie du système de retraite ne doit pas cacher un enjeu bien plus crucial pour l’économie française. Le départ des salariés nés du baby-boom va déclencher une grande pénurie de main d’œuvre. Or, malgré des efforts récents, la France, avec un taux d’emploi des 55-64 ans à 38,3%, est à la traîne dans l‘ U E où la moyenne est à 44%. Pour limiter la casse, les entreprises ont tout intérêt à garder le plus longtemps possible leurs salariés âgés. Mais pas dans n’importe quelles conditions. ..

Les armes de la loi

Depuis le livre blanc sur les retraites, commandé, en 1991, par Michel Rocard, l’Etat s’est efforcé de modifier l’arbitrage emploi-retraite : augmentation du nombre de trimestres de cotisation pour obtenir une retraite complète, modulation de la période de référence pour calculer la pension, modulation des systèmes de décotes et de surcotes, libéralisation du cumul emploi-retraite, passage de l’âge de mise à la retraite d’office de 65 à 70 ans… tout est fait pour que le salarié trouve un avantage financier certain à continuer de travailler. Parallèlement, la politique de traitement social du chômage a changé : hormis la problématique du départ en pré-retraite lié à la pénibilité du travail, la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs âgés va progressivement être relevée pour disparaître en 2012.

De l’incitation, l’Etat est désormais passé à l’obligation. Les entreprises de plus de 300 salariés et les branches professionnelles devront négocier et conclure avant la fin de l'année 2009, des accords sur les seniors. Une cotisation additionnelle à l'assurance vieillesse s'appliquerait à compter de 2010 aux entreprises qui ne seraient pas couvertes par un accord. Les plus petites entreprises en seraient dispensées dès lors que leur branche a conclu un accord.

La question de la productivité des seniors

Dans certains pays, comme le Japon, le salaire peut baisser à partir d’un certain âge. En France, le senior est perçu comme coûteux par rapport à un débutant en raison de la progression régulière du salaire au cours de la carrière et des primes d’ancienneté. Les questions sur sa productivité en sont d’autant plus vives. Or, des études montrent que la performance des ouvriers qualifiés augmente jusqu’à 40-45 ans puis déclinent mais reste, à 60 ans, supérieure à celle d’un ouvrier de 20 ans. Par ailleurs, plus les machines utilisées sont sophistiquées, plus le déclin est faible. Enfin, le senior développe des stratégies de contournement des contraintes professionnelles développées grâce à son expérience : emploi de posture moins fatigante, meilleure anticipation du travail etc…Par ailleurs, dans des secteurs comme la vente, la présence de seniors peut être un atout important face à une clientèle qui mathématiquement va vieillir.

Un nécessaire changement culturel

Pendant de nombreuses années, les pré-retraites ont servi de soupape aux plans de licenciement dans l’espoir que des jeunes soient recrutés plus facilement. Parallèlement, l’âge idéal de départ à la retraite s’est progressivement abaissé dans l’esprit des Français. Les dispositifs de retraite progressive avec recours au travail à temps partiel n’ont pas eu les résultats escomptés en raison, notamment, de la mauvaise image sociale du travail à temps partiel. Les craintes sur l’avenir des retraites ont commencé à mettre à mal tous ces modèles. La difficulté est double : il s’agit à la fois d’accepter la perte des pré-retraites perçues comme un acquis social et de faire évoluer la perception de la société française sur les travailleurs âgés.

Les moyens d’action du chef d’entreprise

Depuis plusieurs années, les grandes entreprises se sont lancées dans des politiques innovantes en direction des seniors. En novembre 2008, le gouvernement a d’ailleurs chargé le cabinet Vigéo, dirigé par Nicole Notat, d’auditer plusieurs d’entre elles afin d’obtenir un catalogue des bonnes pratiques.

Les plans seniors passent par un changement global dans la gestion des carrières. Total a ainsi allongé la période d’apprentissage, retardé les mobilités tout en les rendant systématique. Le groupe Thalès ouvre aux seniors des carrières de coordinateurs, de conseils, et de formateurs.

Un entretien à 45-50 ans, obligatoire pour tous afin de ne pas stigmatiser, peut permettre de faire le point et de réfléchir aux possibilités de la deuxième partie de carrière. Un entretien automatique évite au salarié d’être déstabilisé dans cette période qu’il considère comme critique. C’est un moyen de l’aider à se projeter dans l’avenir et à garder sa motivation. Les managers, souvent plus jeunes, devront être formés spécifiquement à l’évaluation des seniors.

 

La formation doit rester un souci pour les seniors qui en sont trop souvent exclus. Or, la formation continue est le meilleur moyen de maintenir la productivité des salariés.

Sur le plan matériel, des cabinets d’ergonomes peuvent aider l’entreprise à adapter les postes de travail aux plus âgés. Une gestion plus souple de leurs horaires peut aussi améliorer leur qualité de vie au travail. Enfin, le senior, en avançant en âge, aspire à plus d’autonomie. Toutes ces adaptations sont nécessaires sous peine de voir une augmentation significative des journées maladies pour les salariés seniors.

La transmission des savoirs et des compétences

C’est la survie de l’entreprise qui en dépend surtout dans une PME. Le chef d’entreprise devra identifier les savoirs à transmettre et dégager du temps pour la transmission aux plus jeunes. Le plan senior élaboré, son plus grand défi sera de s’y tenir dans le temps et de résister à la tentation de le remettre au lendemain face à la demande urgente d’un client !

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CV de l'intervenant

CV de l'intervenant

Mutte Jean-Louis

Directeur de Sup de Co Amiens depuis 2005, a réalisé la quasi-totalité de sa carrière au sein de grandes entreprises américaines. De Xerox à Accenture en passant par Nixdorf ou Electronic Data Systems, il a exploré toutes les facettes des ressources humaines. Passionné par la démographie, « véritable tour de contrôles des ressources humaines », il intervient à l’Université de Lille ou à l’Edhec, école dont il est lui-même diplômé (1972).

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Liens

Liens

Conseil d’orientation des retraites : Toutes les réflexions et les statistiques sur l’évolution des politiques de retraite

La documentation française : Rapport du conseil d’analyse économique

www.lexpansion.com : Un suivi complet du dossier au jour le jour

Institut de l’entreprise : étude très complète sur les comparaison entre pays